La IIIe République (1870-1940)

Rédigé et revu par: Équipe pédagogique PrépaCivique, spécialiste de la préparation à l'examen civique français, sources officielles à l'appui (formation-civique.interieur.gouv.fr, légifrance, service-public.fr).

Dernière mise à jour : Mai 2026

En bref : la Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870 après la défaite de Napoléon III à Sedan face à la Prusse. C'est la plus longue des cinq Républiques (70 ans). Cet article fait partie de notre frise des 5 Républiques françaises.

Aussi utile

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Réalisations majeures

  • Lois Jules Ferry (1881-1882) : école gratuite, laïque et obligatoire
  • Loi de 1901 : liberté d'association
  • Loi de 1905 : séparation des Églises et de l'État (laïcité)
  • Affaire Dreyfus (1894-1906) : crise politique majeure
  • Victoire dans la Première Guerre mondiale (1914-1918)

La fin de la IIIe République

La IIIe République s'effondre en juin 1940 face à l'invasion allemande. Le maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs et instaure le régime de Vichy, mettant fin à la République.

Durée : 70 ans. La IIIe République a enraciné la démocratie et la laïcité en France. Pour approfondir, voyez la loi de 1905 sur la laïcité. La suite : la IVe République.

Pourquoi la IIIe République a-t-elle compté ?

Soixante-dix ans — la République la plus longue de l'histoire de France. Elle est née par accident (l'effondrement de Napoléon III à Sedan en septembre 1870), s'est consolidée péniblement contre une majorité monarchiste à l'Assemblée (les fameuses « lois constitutionnelles de 1875 » votées à une seule voix d'écart, amendement Wallon), et a fini par s'imposer comme le régime qui aura véritablement enraciné la République en France. C'est sous la IIIe que se forgent l'école publique, la laïcité, le syndicalisme, l'empire colonial, mais aussi la nation républicaine moderne.

Le régime est parlementaire : le président de la République, élu par les deux chambres, n'est qu'une fonction d'arbitrage ; le pouvoir réel est entre les mains du président du Conseil et de l'Assemblée. Cette architecture, voulue après le traumatisme du coup d'État bonapartiste de 1851, donne à la France un Parlement central — mais aussi une grande instabilité ministérielle (104 gouvernements en 70 ans).

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Les lois fondatrices

Les lois Ferry (1881-1882). Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, fait voter la gratuité (16 juin 1881), puis l'obligation et la laïcité (28 mars 1882) de l'école primaire pour les enfants de 6 à 13 ans. L'école devient le creuset de la nation républicaine — instruction civique obligatoire, mêmes programmes partout, instituteurs formés à l'École normale. C'est l'outil le plus puissant d'intégration nationale du XIXe siècle.

La loi sur la liberté d'association (1er juillet 1901). Première loi-cadre qui pose le principe : toute association peut se constituer librement, sans autorisation préalable. C'est sur cette loi que reposent encore aujourd'hui les 1,5 million d'associations françaises.

La loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905). L'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. La République garantit le libre exercice des cultes. C'est la pierre angulaire de la laïcité française. Elle suit deux décennies de combat anticlérical et fait suite, en particulier, à la crise déclenchée par l'Affaire Dreyfus.

L'Affaire Dreyfus (1894-1906). Condamnation injuste du capitaine Alfred Dreyfus pour espionnage, sur fond d'antisémitisme. L'intervention d'Émile Zola (« J'accuse… ! », 1898) cristallise une opposition entre « dreyfusards » (républicains, intellectuels, socialistes) et « antidreyfusards » (catholiques, nationalistes, armée). La réhabilitation de Dreyfus en 1906 marque la victoire des partisans de l'État de droit ; elle est aussi le déclencheur de la séparation de 1905.

La République et la guerre

La IIIe République est aussi celle de l'empire colonial (Tunisie 1881, Tonkin, Madagascar, conférence de Berlin 1885) — un héritage colonial qui pèsera lourdement sur la IVe République. Elle traverse la Première Guerre mondiale (1914-1918), avec 1,4 million de morts français et une victoire payée au prix fort. Les années 1930 mêlent fronts populaires (Léon Blum, 1936 : congés payés, semaine de 40 heures), montée des fascismes et impréparation à la guerre suivante.

Le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale réunie à Vichy vote à 569 voix contre 80 les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. La République prend fin sans qu'aucune disposition ne soit officiellement abrogée — mais l'État français de Vichy ne se réclame plus de la République. Il faudra attendre l'ordonnance du 9 août 1944 du Gouvernement provisoire pour que les actes de Vichy soient rétroactivement annulés.

Quelques figures à connaître

  • Jules Ferry — école laïque, gratuite et obligatoire (1881-1882) ; expansion coloniale.
  • Émile Combes — chef du gouvernement en 1902-1905, principal artisan de la séparation des Églises et de l'État.
  • Émile Zola — écrivain, signataire du « J'accuse… ! » qui change le cours de l'Affaire Dreyfus.
  • Georges Clemenceau — président du Conseil pendant la Première Guerre mondiale, surnommé le « Tigre » ou « Père la Victoire ».
  • Léon Blum — chef du Front populaire en 1936, qui apporte les congés payés et la semaine de 40 heures.

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